The Legend of Zelda : A Link Between Worlds sur 3DS

Mon avis sur Zelda a Link between the World sur 3DS
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Nintendo a annoncé ce The Legend of Zelda : A Link Between Worlds en avril dernier lors d’un désormais traditionnel Nintendo Direct et les premières impressions ont été mitigées, d’autant que les deux épisodes sortis sur DS avaient eux-mêmes été très critiqués. Certains saluaient un retour aux sources avec l’utilisation du même monde que le mythique A Link to the Past, d’autres reprochaient aux contraire une apparente absence de prise de risque, avec en plus un chara-design assez décrié du fait d’un look « poupée ». Bref, les joueurs ne sachant pas sur quel pied danser, il est intéressant de voir ce que Nintendo nous a réservé au final et si Aonuma et sa clique ont toujours le talent pour créer un grand Zelda.

C’est l’histoire d’une princesse…

Les rapports entre ce ALBW et son ancêtre A Link to the Past, sorti sur Super Nintendo, sautent aux yeux dès les premiers instants. Outre le monde d’Hyrule reproduit quasiment à l’identique, l’histoire s’inscrit dans la même lignée. En effet, celle de ce nouvel opus se déroule six générations après l’épisode 16-bits, soit 200 ans plus tard. Ganondorf a été vaincu il y a fort longtemps et le royaume connaît depuis la paix mais un nouveau danger plane sur le monde de Zelda. Link assiste impuissant à la transformation en tableau de Célès, fille du prêtre et descendante d’un des sept sages du royaume. L’auteur de ce méfait est Yuga, qui souhaite ressusciter l’ennemi héréditaire de Link. Se faisant lamentablement ratatiner, notre héros vert perd connaissance et se fait réveiller par Lavio, un marchand ambulant qui a décidé de squatter la maison de notre infortuné et qui, pour remercier son hôte du gîte offert, lui donne une bague mystérieuse.

Après avoir découvert les desseins de Yuga grâce aux anciens du village, Link, décidément tenace, souhaite contrecarrer les plans du sorcier. Un peu tête brûlée, il part directement affronter le vil personnage une nouvelle fois et se fait transformer à son tour en tableau. Le trouvant laid, le sorcier maléfique décide de laisser la toile en plan. Notre aventurier s’en sort alors miraculeusement grâce à la bague de Lavio et mieux encore, acquiert le pouvoir de se transformer en dessin à tout moment. Se méfiant désormais de l’apprenti héros, Yuga scelle le château d’Hyrule et se terre dans un monde parallèle, Lorule. Heureusement, la princesse de ce lieu, Hilda, confine le sorcier dans le château de Lorule et apprend à Link qu’il doit libérer les descendants des sept sages emprisonnés dans des toiles pour lever le sceau bloquant le château d’Hyrule et vaincre ledit sorcier. Pour mener à bien sa quête, le lutin vert devra explorer les deux mondes parallèles en même temps grâce à la bague, qui lui permet de se glisser au travers de failles entre les deux univers. Les vingt premières minutes du jeu mettent vite dans l’ambiance et le joueur commencera l’aventure tambour battant, sans passer par un long tutoriel. Si Hyrule est vaste et verdoyant, Lorule est tout aussi grand, mais avec un paysage plus terne et possède des ennemis plus résistants. De plus, ce triste paysage est séparé en plusieurs morceaux si bien que le joueur devra trouver les bonnes failles pour accéder à des endroits a priori inaccessibles et trouver les entrées des différents donjons.

Retour aux sources…

Les deux épisodes sortis sur DS étaient singuliers, puisqu’ils empruntaient les graphismes cell-shadés de Wind Waker et exploitaient l’écran tactile de la DS à fond, tranchant avec le gameplay habituel d’un Zelda. Si ces deux opus ont été décriés, ce n’était pas tant pour leur réalisation et leur gameplay que pour une mauvaise exploitation des idées et concepts développés, surtout dans The Legend of Zelda : Phantom Hourglass. Avec ce nouvel opus, Nintendo fait table rase des deux dernières aventures sur portable et décide de retourner aux sources. Il reste à voir si cela traduit un manque de courage et/ou d’inspiration ou au contraire si les développeurs arrivent à sublimer les anciennes recettes grâce à quelques menus apports novateurs.

Commençons par l’aspect visuel. Comme évoqué plus haut, l’environnement graphique assume totalement le lien spirituel avec l’épisode sorti vingt ans plus tôt sur Super Nintendo : le monde d’Hyrule est quasiment identique et la plupart des ennemis de l’époque reprennent du service. Enfin, le chara-design peut prêter à controverse avec le look poupée des principaux personnages. Même Yuga, le boss final du jeu, a vraiment peu de charisme, tout comme Ghiharim de The Legend of Zelda : Skyward Sword sorti sur Wii. Décidemment Nintendo a du mal à renouveler ses boss pour cette licence. Avec ses dreadlocks rousses et son maquillage autour des yeux, il est quasi impossible de le prendre au sérieux et peut-être aurait-il fait un meilleur boss pour La Maison du Style. Terminons néanmoins sur une bonne note, enfin pour ceux ayant les yeux sensibles à la 3D de la portable, car celle-ci est très bien exploitée, à l’instar d’un Luigi’s Mansion : Dark Moon ou d’un Super Mario 3D Land. D’ailleurs plusieurs passages misent sur ces effets de profondeur renforcés comme par exemple ceux avec des plateformes mouvantes.

Quant à l’ambiance sonore, cet épisode alterne entre les morceaux inédits et les musiques phares du jeu sorties sur la 16-bits. Mais toutes sont sincèrement superbes si bien que l’OST constitue un point fort du titre. Niveau voix, elles sont toujours absentes dans cette licence. Certains n’y trouveront rien à redire, d’autres crieront au loup pour que Nintendo se mette à la page en introduisant les doublages. Ce débat sans fin trouvera peut-être sa conclusion avec l’épisode Wii U qui se fait tant désirer par les fans de la série.

Niveau gameplay, le tout tactile est abandonné au profit d’une maniabilité plus classique. L’écran inférieur servira à afficher la carte ainsi que l’inventaire. D’autres icônes sont présents comme des épingles qui pourront être utilisées pour pointer sur la carte des endroits au choix, l’annotation au stylet propre aux opus DS a été abandonnée. Une clochette est également disponible, elle permettra d’appeler Aëline, une sorcière qui transportera Link en balai volant vers n’importe quelle girouette préalablement découverte. Ces dernières serviront donc d’arrêt taxi mais également de point de sauvegarde. Il est d’ailleurs dommage que l’on ne puisse pas sauvegarder à tout moment. Niveau commandes, le bouton A servira pour l’épée, le B pour se transformer en peinture au contact d’un mur plat et les boutons X et Y seront assignés aux armes annexes. Ces dernières ne sont pas très originales, les habituels boomerang, grappin, arc, baguette magique et bombes constitueront le principal de l’arsenal du lutin vert.

… avec tout de même une dose de nouveauté

L’utilisation d’une vielle recette n’exempte pas d’innover et Nintendo a très bien compris cela avec ce titre. Nous avons déjà mentionné le pouvoir de se transformer en peinture, ceci n’est pas un gadget, loin de là puisqu’il apporte un véritable plus. Les énigmes se retrouvent renouvelées, ce qui tombe à pic, tant elles commençaient à être redondantes au fil des différents épisodes, surtout lors de l’exploration des donjons. Le nombre de situations à gérer avec ce nouveau pouvoir apporte un petit vent de fraîcheur, si bien que souvent, le joueur se sentira fier d’avoir trouvé lui-même la clé du mystère. Le seul regret au fond est que ces donjons sont relativement courts à explorer.

Autre nouveauté notable, les armes ne se trouvent plus dans les châteaux et il n’y a plus non plus d’ordre prédéfini pour parcourir les niveaux. Pour obtenir les armes indispensables à la poursuite de l’aventure, le joueur aura la possibilité de les louer auprès de Lavio pour une somme infime, toutefois, en cas de game over, le marchand squatteur de maison reprendra son bien. Le joueur pourra également faire le choix d’acheter ces armes pour huit fois le prix de leur location. Cette liberté pourra déconcerter les habitués, mais il est amusant de terminer le jeu et de se rendre compte que l’on est passé à côté de nombreux objets.

Par conséquent, la rejouabilité de ce titre est juste énorme et aux vingt heures nécessaires pour boucler l’aventure une première fois viendront s’ajouter beaucoup d’autres. Outre le fait de vouloir trouver les objets manquants une fois le jeu terminé, l’habituelle quête des quarts de cœur est toujours de la partie pour prolonger le plaisir. En outre, le joueur rencontrera Big’Ornette, une pieuvre peu ragoutante qui a eu la mauvaise idée de perdre ses cent enfants. En l’aidant à les retrouver, il sera possible d’améliorer les armes achetées ou louées, et ce à chaque dizaine de Ti’Gorneaux ramenés au bercail. De plus, comme si cela ne suffisait pas, un Hero Mode sera disponible une fois le jeu fini, mode dans lequel les cœurs fondront comme neige au soleil au contact d’un ennemi. Enfin, qui dit 3DS dit StreetPass, et le jeu exploite intelligemment cette fonction puisque qu’à chaque rencontre, il sera possible d’affronter un Link noir possédant les caractéristiques du joueur croisé. Il y a des rubis à gagner à chaque victoire ainsi que des défis à relever comme gagner en moins de trente secondes.

En conclusion
Nintendo rassure avec ce nouveau Zelda qui arrive à réveiller le côté nostalgique tout en apportant une bonne dose de nouveauté. En revanche, le jeu est relativement facile et le joueur se retrouvera rarement bloqué lors des vingt heures nécessaires pour terminer le jeu. Tout est fait pour apporter du confort sans qu’il soit nécessairement mérité comme le fait de pouvoir acheter très rapidement toutes les armes du jeu ou de pouvoir se rendre rapidement à une girouette d’un coup de balai volant. Au final, ce nouvel épisode souffre d’un manque d’héroïsme mais il reste l’un des meilleurs épisodes sortis ces derniers temps grâce à une architecture complètement renouvelée et à un rythme de jeu très bien maîtrisé.